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La musique sur ordinateur

ou

Enfin, on y est presque (mais ce n'est pas pour tout de suite...)

Introduction

Mon attitude a toujours été de me tenir loin des modes, des tendances, et de ne pas me préoccuper de "ce qui se vend". Mon but est resté le même depuis l'époque ou je construisais mon premier amplificateur et mes premières enceintes en Europe, au début des années 70: une reproduction musicale, une immersion dans l'écoute. Et je ne me suis jamais gêné pour dire tout haut ce que j'observais.

Ma quête de sensorialité, d'authenticité (et sûrement mon accident, enfant, qui m'a mis plus tard en danger de perdre la vue) m'ont rendu sensible à des aspects de la reproduction musicale que seuls quelques audiophiles privilégient: la matière, la densité, la texture, l'immersion acoustique, l'expressivité… la vie, tout simplement.
Et plus les gens s'enfoncent dans le grand cirque de la société de consommation, de la frime, de la compétition à outrance, plus le vide de leur vie me fait vraiment de la peine, et me pousse encore plus à chercher comment, dans mon domaine, apporter ma petite contribution, comment embellir leur vie par ce qui m'est cher.

Cela m'a valu depuis des décennies, dans tous les pays où j'ai travaillé, des critiques féroces de collègues énervés par l'impact négatif de mes communications sur leurs ventes, des tentatives de boycott, et un rejet fréquent de la presse qui, à l'exception de très rares magazines, vit depuis toujours de sa complaisance à l'égard de ses annonceurs.

Critiques toujours acerbes, mais toujours vaines car je crois mon principe assez inattaquable: je teste tout ce qui me tombe sous la main sans a-priori, je refuse depuis toujours les "guerres de religion", j'ai des amis de par le monde qui en font autant et me signalent les produits vraiment musicaux qui apparaissent, et chaque fois qu'une personne conteste mes résultats je l'invite amicalement à venir dans mon auditorium refaire les mêmes tests avec moi, en toute impartialité.
J'observe toujours le même phénomène: ceux qui critiquent pour se prouver qu'ils ont raison évitent soigneusement de se frotter au test; ceux qui ont soif de vérité sont enchantés de le faire... et deviennent souvent des amis.
C'est une surprise toujours renouvelée de voir à quel point des gens d'horizons divers, de tous âges, de toutes nationalités, arrivent aux même conclusions, en test en aveugle, quand les conditions opératoires optimales sont réunies.
Nos priorités, nos goûts sont différents… mais nos analyses se rejoignent.
Bien sûr, comme tout le monde, il m'arrive de me planter, car un système haute-fidélité de qualité a quelque chose de "vivant"; certains jours, nous ne sommes tout simplement pas "en forme" dans nos assemblages, et les résultats s'en ressentent. Comme tout passionné, j'ai connu mon lot de "traversées du désert" où décidément, ça coince...
Mais au final, les choses se replacent d'elles-mêmes.

La "mort" du CD

Depuis quelques années, bien des professionnels impliqués dans la Haute-Fidélité nous refont le même coup qu'il y a un quart de siècle, et crient haut et fort "le CD est mort, vive la musique sur ordinateur !".
Il y a un quart de siècle, les mêmes - ou de plus vieux qu'eux - criaient "le disque vinyle est mort, vive le CD !".
À l'époque, l'immense majorité de mes concurrents, qui avaient délaissé les "vieilles platines tourne-disques" pour le "must" du jour (la Technics SL1200, "la reine des DJ", pour ceux qui ont connu cette époque), lui opposaient des lecteurs CDs… et les trouvaient "pas si mal".
J'avais démarré avec une Dual, puis une Lenco L75 (ramenée de Suisse en Belgique… sur mon vélo !), puis je suis passé aux Thorens: TD150, TD125, puis la superbe TD166MkII Super, dont j'ai été le plus gros acheteur en Suisse.
Avec un bras Linn Basic et une petite Goldring, tous les lecteurs CDs du début comparés à ces platines sonnaient comme des poubelles… quelque soit leur prix.
Les "modernes" me traitait de "nostalgique qui détruit le métier"… je leur répondais que le jour où on m'apporterait un lecteur qui ferait un minimum de musique, je l'ajouterais à mon programme.
Il a fallu… huit ans. Et c'était un lecteur "tout bête", un Luxman 105. Il chantait au moins un peu. Puis mon premier vrai coup de foudre: un convertisseur Stax X1T… à l'équivalent de 28,000 dollars canadiens ! J'ai été à l'époque le seul en Suisse à en acheter un… il me donnait des frissons. Marié à un transport Pioneer (disque inversé, une "banale" machine à 800 dollars, car elle battait en musicalité tous les transports prétentieux et hors de prix de l'époque), il rejoignait enfin mes platines.
J'ai organisé alors "le" grand comparatif analogique-digital… que tout le monde "bâclait" pour présenter des conclusions souvent biaisées.
Réalisant que les CDs étaient souvent re-mastérisés, je me suis mis en quête d'un CD qui serait gravé à l'identique de mes LPs.
Il m'a fallu en acheter… plus de trois cents.

Je possède toujours ce CD et le LP: le fameux "Opéra des Quat' Sous" de Kurt Weill, sur label Reference Recordings.

Et cette semaine-là, tous mes visiteurs ont eu… beaucoup de difficulté à trancher en faveur du numérique ou de l'analogique.
Les deux choix étaient simplement… différents. Leur qualités respectives étaient déjà présentes… et le sont toujours. Mais les deux avaient clairement leur place dans un bon système.
La leçon de tout ça ?
La plupart des audiophiles ne se donnent jamais un contexte permettant de réellement comparer ce qui doit l'être… et généralisent des expériences isolées.
Ayant conservé mes trois platines de très haut de gamme (la fameuse Vecteur avec le bras unipivot Vecteur; l'Oxford Acoustic Crystal Référence qui nous a valu le "Best Design Award" en 1989, avec le seul bras que Mr Benz aie fabriqué et qu'il m'a vendu quand nous nous sommes rencontrés, avec une cellule Benz; et une Pluto avec le bras RS et une Shelter 9000), je constate avec amusement le "retour en force" du LP... pour ceux qui foncent aveuglément dans la nouveauté; pour certains d'entre nous, il ne nous a jamais quitté !
Vingt-cinq ans plus tard, je trouve toujours stupide d'opposer le CD et le LP, car l'offre en musique est complémentaire, et les vertus différentes.
Un facteur-clé est aussi la faculté d'adaptation du cerveau à un système donné; il nous fait souvent préférer ce qui représente notre écoute quotidienne. Heureusement d'ailleurs… si l'illusion ne fonctionnait pas, nous ne supporterions aucun système !

Mais il est vrai que dès la sortie du CD j'ai écrit que le standard 16/44 était notoirement insuffisant. Déjà dans les années 80 des écoutes de prototypes numériques - un fabricant japonais nous avait présenté, en 1979, un prototype à bandes qui montait, si je m'en souviens bien, jusqu'à 22 bits et 100 kHz - me montraient l'apport d'un échantillonnage supérieur; suite à de nombreuses séances d'écoute j'avais observé que 200 kHz étaient nécessaires; je n'ai pas changé d'avis.

Simplement, le CD, arrivé à maturité après des décennies de perfectionnement constant, procure une musicalité superbe… quand il est lu sur les très rares transports et convertisseurs musicaux.
La sortie des transports de CDs à courroie CEC en 1992 m'a apporté ce que je désirais, et j'utilise un TL0X, après un TL1X qui suivait le TL1 depuis toujours dans mon système de référence; trois transports en vingt ans… amusant de voir mises en oeuvre ici les mêmes solutions que pour les platines: la lecture des "cuvettes" sur le disque est "imprécise" pour des tas de raisons ("flapping" vertical, erreur de timing, rotation par à-coups, horloge, pollutions diverses, etc)… c'est une cause de jitter, cette plaie du numérique. Éviter le "jitter" à la source est supérieur à tenter de le corriger après coup. C'était la même chose avec le "pleurage et scintillement" des tourne-disques: un quartz précis à 0,000001% n'apportait rien… parce que, aussi incroyable que cela paraissait, l'aiguille freinait le disque… et seule l'inertie d'un plateau lourd répondait à ce problème…. quand on "bloquait" le disque avec un palet-presseur !
J'ai associé les CEC au Stax puis aux convertisseurs Audiomat… de plus en plus de mélomanes dans le monde découvrent cette combinaison… et l'adoptent.
Puis en 2010, Audiomat a sorti le D1 Drive... une mécanique DVD - solution qui ne m'a jamais tout à fait convaincu avant, ce qui m'a, je l'avoue, rendu très méfiant au début -, y a appliqué son savoir-faire légendaire, aboutissant à un transport d'une musicalité exceptionnelle, et en 2011 CEC a sorti la TL3N, version améliorée de la TL51X, référence musicale dans les prix abordables. Avec trois transports (TL3N, TL0X, D1), je baigne toujours dans la musique, à la grande surprise de ceux qui ne juraient plus que par le LP… et lors de leurs visites tombent sous le charme de cette reproduction numérique… analogique.
Comme quoi on ne parle pas toujours dans le désert… il faut juste être très patient.

Les "autres formats"

Parce que je n'aime pas les "solutions" bricolées, j'ai rejeté le Hdcd: comme d'habitude avec ce genre de technique, on obtenait plus de résolution, d'aération et de finesse dans le médium, mais moins de matière et de richesse harmonique (désolé pour les fans, mais il faut se rappeler que c'est un procédé proche du bon vieux Dolby B de nos magnéto-cassettes…); Audiomat, sur ses convertisseurs, utilisait "la" puce en question, mais après avoir désactivé la fonction Hdcd. Par la suite, le fabricant de ces puces avait sorti sa version haut de gammesans fonction Hdcp ! Glissons pudiquement sur le fait que les premières puces tronquaient le signal en mode non Hdcd... et regardons le Sacd.
Historiquement, j'ai été aux premières loges, car chez Oxford Acoustic à la fin des années 80, nous étions à l'avant-scène du "one bit" (Malcolm Hawksford, qui est un des "pères" du numérique, était notre partenaire, notamment pour le développement du premier filtre actif correcteur en temps réel pour nos Équation); nous étions incités à lancer cette technologie avant tout le monde… mais nous l'avions abandonnée pour les puces Burr-Brown multibits... supérieures à l'écoute !
Là aussi, je constate simplement que quand je trouve un convertisseur musical, il contient neuf fois sur dix ces puces.
Le Sacd promettait d'offrir la quintessence du "one bit"… tous mes tests, avec des lecteurs considérés comme les meilleurs au monde (jusqu'à vingt mille dollars), des disques soigneusement choisis (des Mercury "Living Presence", des Harmonia Mundi, des Fidelio) ont montrés que là aussi, les gains en pureté, finesse, aération se payaient en perte de matière.
Pas une fois, un Sacd n'a pu atteindre la musicalité d'un CD quand celui-ci était bien gravé et lu sur mon système… si le mastering n'avait pas été modifié.
(Ici aussi, glissons pudiquement sur ces Sacd à la couche CD "dégradée" volontairement par quelques fabricants des disques pour "pousser" les ventes de Sacd... on voit de tout dans ce métier.)

La musique sur ordinateur

Nous voici rendu vingt-cinq ans plus tard, et maintenant, la "grande mode" est la musique sur ordinateur.
Et cette fois encore, il se dit tout et n'importe quoi.

Depuis plusieurs années, je fais des essais réguliers… jusqu'ici, j'étais resté très dubitatif.
Les gens "mélangent tout"… il devenait urgent de faire le point.

Tout le noeud d'une approche saine repose sur deux réalités.
Et de façon surprenante, ces deux réalités sont celles dont on parle le moins souvent sur les forums.

Première réalité: il faut clairement séparer le fait de "ripper" ses disques du fait de lire des fichiers "natifs" jamais gravés.
Contrairement à tout ce qui s'écrit, "ripper" ne produit jamais une copie "bit perfect". Les "professionnels" de la presse et de la vente qui nous servent cette affirmation sont probablement les mêmes qui il y a 25 ans nous auraient dit "de toute façon, en digital, il n'y a que des 0 et des 1, donc tous les lecteurs CDs sont parfaits". Seuls les plus ignorants le croient encore...
Ripper consiste en fait à ajouter des étapes; supposer que ces ajouts améliorent le son est une grossière simplification; j'ai lu par exemple "cela doit être lié aux corrections d'erreur, mais c'est meilleur sur ordinateur"; toutes les écoutes que nous avons faites sur de nombreux ordinateurs prouvaient le contraire: le son était bien meilleur sur une lecteur CD de qualité. Les ordinateurs sont équipés d'un lecteur à quelques dollars, et il faut rappeler qu'un CD est en fait assez analogique dans son principe !
Aux États-Unis, un groupe a mis au point un lecteur à mémoire intéressant, et constaté que les valeurs stockées en mémoires changeaient encore après… cent cinquante lectures du même disque ! Cela rend pour le moins étrange l'affirmation de copies "bit perfect". L'argument le plus "massif" employé est que la capture des disques ne se fait plus en temps réel, ce qui laisse le temps aux corrections d'erreur de fonctionner… c'est vrai, mais c'est oublier que ces corrections sont toujours des estimations.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le choix du logiciel a tant d'impact sur la qualité finale… pourquoi serait-ce le cas si la lecture était parfaite ?
En fait, c'est tout le protocole de test qui est faussé; pour ne donner qu'un exemple parmi des tas: la plupart des "convertisseurs Usb" apparus sur le marché et clairement destinés à être connectés à un ordinateur emploient pour l'horloge un système de double PLL qui améliore réellement les sources de mauvaises qualités… mais défavorise les bonnes sources en "temps réel" comme un lecteur CEC. Comparer le même ordinateur et le CEC sur un convertisseur de pointe montre tout autre chose...
Chez certains, l'espoir d'une grande qualité à bas prix les aveugle un peu; ce phénomène s'observe dans tous les domaines techniques, de la photo aux ordinateurs, et est un corollaire d'une société de consommation basée plus sur la jouissance de posséder que sur la jouissance d'utiliser: chaque fois qu'une technologie a permis au plus grand nombre d'espérer une baisse des prix, ils ont rejeté ceux qui leurs disent que ce n'est pas encore vrai et que "c'est dans les vieilles casseroles qu'on fait les meilleures soupes". Rien de nouveau sous le soleil...
Il est plus sage de simplement se réjouir de pouvoir accéder à un niveau de qualité acceptable pour un budget très raisonnable… c'est déjà beaucoup.

Donc ripper, oui, pour se constituer une collection de musique d'accès facile pour l'écoute; écoute surtout d'ambiance pour l'instant en ce qui me concerne.
C'est tellement agréable, tellement pratique, que depuis des années j'apprécie comme tout le monde les possibilités nouvelles de cette technologie.
Même si cette "facilité" est parfois une cause de destruction de l'écoute véritable… il y a beaucoup à dire sur le côté "tout tout de suite" d'une génération infantile et pourtant stressée, qui ne connaît plus rien au plaisir de "prendre son temps et savourer"… mais c'est un sujet qui mérite un développement complet une autre fois pour ne pas tomber dans les clichés; voir les audiophiles "re-découvrir" la joie que procure une belle pochette de disque vinyle, le "rituel" de l'aiguille qu'on pose sur le disque, l'effort qu'exige le fait de se lever pour arrêter la musique… que du coup on écoute jusqu'au bout… quand donc les gens comprendront-ils que "facilité" rime souvent avec "médiocrité" ?

Une vision positive du futur de la Haute Fidélité

Mettons donc de côté le plaisir de manipuler des objets bien réels… physiques, et l'état d'esprit qui va avec.
Pour prendre un raccourci brutal, à mon sens le vrai futur de la musique numérique sur ordinateur repose sur les fichiers téléchargés... et avec une sérieuse réserve.

Pour deux raisons bien précises.

La première est bien évidemment la disponibilité croissante de fichiers de haute résolution.
J'ai "cassé les pieds" six mois à un ami de la presse pour qu'il importe les disques HRx 24/176 de Reference Recordings pour nos essais. Le résultat est vraiment intéressant: en 24/176 natif, les qualités sont réelles. Je teste des fichiers 24/96 de HDTracks, et des fichiers de Fidelio… de la belle ouvrage. Un futur plus lumineux repose beaucoup sur la détermination et le courage de petites sociétés comme celles-là… si les "contraintes commerciales" n'ont pas le dernier mot, comme je les ai souvent vu constater avec tristesse.
Et je pratique depuis quelques années mes propres enregistrements numériques jusqu'en 24/192 sur une Tascam modeste (mais musicale, ce qui m'a fait la préférer à des produits par ailleurs bien plus performants et respectés, que je ne citerai pas).
Pas de doute, le futur est là.
Mais là encore, contrairement à un réflexe de débutant (chiffres plus grands égale plus grande qualité), il faut nuancer le débat: je ne suis pas le seul à avoir constaté que les hautes valeurs d'échantillonnage font gagner énormément de résolution et d'aération, mais font perdre de la matière; par contre le 24 bits ne m'a jamais apporté que des avantages, notamment en recul du bruit et en "marge de sécurité". Chez Audiomat, dont les convertisseurs passent en natif le 24/96 depuis plus de dix ans et le 24/192 depuis quelques années, on est heureux d'être "parés pour le futur", mais également "sainement critique" sur la versatilité des résultats observés.
Même en vidéo, j'ai entendu répéter qu'en mode 'bitstream" pur, le transport cessait de compter: faites vous-même l'essai avec des films encodés en DTS-HD-MA 24/96; comparez un bon lecteur "léger" et un bon lecteur "lourd", équipé d'un gros chassis, d'une mécanique "qui fait son poids", de grosses alimentations... la différence "saute aux oreilles".

La seconde raison est bien plus attristante, mais c'est un fait typique.
Chaque fois qu'une technique fait une percée, et que le marché de masse s'envole, la qualité, elle… plonge.
Depuis trop longtemps, la plupart des disques gravés le sont par des compagnies qui, pour maximiser les profits, bâclent le travail… ce qui nous donne bien trop de disques décevants.
Déjà que les différentes versions d'un disque nous placent devant des choix difficiles (je viens de comparer le "Round Midnight" de Miles Davis: la version US a du mordant, des transitoires, mais sonne sec et dur; la version canadienne est onctueuse, fruitée, mais Miles s'est endormi devant sa trompette… bon j'exagère mais pas beaucoup !); mais quand trois versions "identiques" d'un disque (même pays de gravure, même année de sortie) vont de "infect" à "superbe"… c'est fatiguant.
On peut rétorquer que c'est pareil avec presque tout ce qui se fabrique; il reste que pour ceux qui dépensent beaucoup dans leur système pour jouir de leur musique, c'est vraiment frustrant.

Les fichiers natifs vont peut-être nous débarrasser un jour de cette dégradation du support: , il y a un réel plus... dans certaines conditions !
Tout d'abord, attention à la qualité très variables des sources: je ne les citerai pas, mais je suis déjà tombé sur des fichiers "haute définition 24/96" qui étaient en fait des versions CDs 16/44 sur-échantillonnés.
Un scandale, quand on sait que le sur-échantillonnage est une tricherie qui "fabrique" de l'information par estimation.
Ensuite, les catalogues à dispositions sont encore assez lacunaires, et le pire serait de retomber dans le vieux piège des collections "audiophiles"… les anciens qui ont connu les débuts de Sheffield Labs et des autres labels "purement audiophiles" vont sûrement sourire… il y avait les disques "à écouter parce qu'on les aime" et les disques "qu'on mettait pour les copains, pour leur en mettre plein la vue"… nous avons parfois été "à côté de la plaque" dans notre enthousiasme juvénile.
Enfin… et il faut le dire haut et fort, pour la lecture de ces fichiers, la technique en est à ses premiers balbutiements.
Tout a un impact sur le résultat.. le système d'exploitation, l'ordinateur employé, les alimentations… c'est reparti pour un tour, et pour ne citer qu'eux les fabricants d'accessoires sont heureux de ce nouveau créneau… le "parfait" est de nouveau... perfectible.
Personnellement, je pense que l'évolution de la connectique et les ports choisis, le stockage (je préfère les SSD pour le moment, pour ne citer qu'un point parmi tout le reste), et bien d'autres facteurs vont être déterminants dans le résultats final.

Conclusion (provisoire, comme toujours...)

Sur mon système de référence, je constate à l'écoute que mes CDs et mes LPs seront probablement à mes côtés pour très longtemps encore.
En ce début 2011, ce que j'entends sur ordinateur m'a séduit un temps, mais au final ne me procure toujours pas le niveau d'immersion musicale atteint avec les LPs et les CDs... lus sur du bon matériel. L'ordinateur est très séduisant, mais après un an à le côtoyer au quotidien, remettre un bon CD ou un bon LP procure non seulement un plaisir intense, mais, je l'avoue... un soulagement !
Le principal facteur à mes yeux: le simple fait que les ordinateurs ne sont pas conçus avec la qualité sonore comme facteur principal; ce n'est pas le "principe" qui est fautif, mais son implémentation.

Quant aux serveurs musicaux, leur coût élevé et leur obsolescence très rapide ne me convainquent pas pour l'instant.

Combien de temps faudra-t-il pour que cette source par ordinateur devienne aussi musicale que le meilleur du CD et du LP, cela reste à voir. Malgré la vitesse des "progrès", il faut se rappeler que les attentes des passionnés comme nous ne sont pas une priorité pour l'industrie, et que quoiqu'ils en pensent, très peu de gens, professionnels ou particuliers, ont accès à des systèmes musicaux de très haute qualité.
Le CD, annoncé comme parfait dès le début, a mis vingt-cinq ans pour atteindre sa pleine maturité !
Et le disque vinyle, après un demi-siècle de bons et loyaux services, progresse encore tous les jours !
Ma dernière cellule, une Shelter 9000, me sidère chaque jour, et ce n'est pas la plus chère de la marque.
Les catalogues seront lents à s'étoffer; dans les années 1990, j'ai fait le tri et j'ai gardé deux mille LPs sur les neuf mille que j'avais; en 2009 des centaines d'entre eux n'avaient toujours pas été ré-édités… en CD !
Les titres les plus commerciaux sortiront en premier… et les disques que vous chérissez pourraient bien ne jamais sortir.
Mais avec l'accélération des techniques, on peut espérer ne pas attendre aussi longtemps pour voir la musique téléchargée rejoindre les autres systèmes.
Et des petites compagnies de passionnés nous concoctent des petits bijoux de plus en plus performants.
Les paris sont ouverts… les pionniers foncent, découvrent, et pendant ce temps certains jouissent simplement de leur système chaque jour et regardent le monde courir.


Bons moments musicaux à tous,


Pascal Ravach
Mutine

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